1621-1624 La construction

On note qu'en 1621-1624, des bois sont vendus pour construire deux scieries au-dessus de Hervafaing, c'est-à-dire à Straiture. Il ne peut s'agir que des scieries de l'Amiral et du Lançoir, les deux seules scieries devenues scieries domaniales ultérieurement. (1)
De tradition orale, la scierie du Lançoir fut édifiée à l'emplacement d'un chantier plus ancien encore de scieurs de long.

En 1625-1626 du bois est délivré pour les deux scieries de Straiture. "En 1661-1662, toutes ces scieries ci-devant érigées à la base de Straiture sont ruinées et démolies" puis reconstruites à une date non connue actuellement.

Les scieries sont donc construites en une concentration souvent étonnante dans la haute vallée de la Meurthe comme dans les vallées de la Sarre Blanche, de la Plaine ou du Rabodeau. Dans la vallée de la Petite Meurthe, on ne comptait pas moins de dix installations hydrauliques sur cinq kilomètres (dont les trois citées, en moins de 500 mètres : la scierie Herry, l'Amiral et le Lançoir). Chacune d'elles était construite pour une zone forestière, un canton forestier appelé "marche" qui lui fournissait ses approvisionnements. En 1708, un officier forestier de Salm observait que " les scituations des bois... nécessitoient les scituations des scies." (2)

La scierie du Lançoir "tire son nom d'une sorte de construction entreprise en 1817, consistant en deux sapins sciés adaptés ensemble par des crampons et adossés en forme de pétrin. Cette construction s'appelait Lançoir parce qu'on y lançait les bois de corde et les troncs destinés à devenir planches. (3)

(1) Aucun autre site de scierie n'existe en effet dans le défilé de Straiture.
(2) "Les scieries et anciens sagards des Vosges", par Boithias & Brignon, p207.
(3) Notes manuscrites citées par l'abbé Flayeux dans "La vallée de la Haute Meurthe", p140.